Les parents du monde entier se tournent de plus en plus vers les bonbons gélifiés à la mélatonine comme solution rapide aux problèmes de sommeil de leurs enfants, mais cette pratique comporte des risques importants et largement inconnus. L’augmentation de la consommation non réglementée de mélatonine – motivée par des réussites anecdotiques et un marketing agressif – soulève de sérieuses questions sur les effets à long terme sur la santé et la dépendance potentielle.

L’attrait d’une solution simple

Le problème est clair : de nombreux parents ont des difficultés avec le sommeil de leurs enfants. La disponibilité de bonbons gélifiés à la mélatonine, souvent commercialisés comme « naturels » ou « sans médicament » bien qu’il s’agisse d’une hormone puissante, présente une solution tentante. Aux États-Unis, où ces produits sont facilement accessibles, près de la moitié des parents admettent donner de la mélatonine à leurs enfants. Cette tendance se propage, les parents de pays comme l’Australie et le Royaume-Uni recherchant des importations non réglementées.

L’attrait est évident. Contrairement à la mélatonine sur ordonnance, réservée aux enfants présentant des troubles du sommeil diagnostiqués, les bonbons gélifiés offrent des résultats immédiats. Certains fabricants surdosent même intentionnellement leurs produits – une étude révélant des niveaux jusqu’à 667 % supérieurs à ceux indiqués sur l’étiquette – pour améliorer l’efficacité perçue. Cela crée un cercle vicieux : les parents constatent des résultats plus rapides et continuent à utiliser, tandis que les conséquences à long terme restent une boîte noire.

Lacunes réglementaires et doses imprévisibles

Le principal problème est que les bonbons gélifiés à la mélatonine ne sont souvent pas réglementés. La Food and Drug Administration des États-Unis a découvert des dosages extrêmement incohérents, certains produits contenant des quantités excessives de l’hormone. C’est dangereux car personne ne connaît les effets à long terme d’une forte dose de mélatonine sur le développement du cerveau et du corps. Certaines études suggèrent un retard de la puberté, mais il manque des recherches concluantes.

Cet échec réglementaire n’est pas seulement théorique. Les centres antipoison aux États-Unis et en Australie ont vu monter en flèche les appels concernant des surdoses de mélatonine chez les enfants, avec des symptômes graves comme une somnolence excessive, des étourdissements et même des décès (bien que la causalité reste floue).

Dépendance et incidents inquiétants

Au-delà des risques sanitaires immédiats, la dépendance suscite une préoccupation croissante. Les parents rapportent que leurs enfants ont du mal à s’endormir sans mélatonine après une utilisation prolongée. Cela crée une dépendance qui peut entraver le développement naturel du sommeil. Certains pédiatres craignent que les enfants oublient comment s’endormir sans assistance chimique.

La situation est devenue si répandue que des incidents inquiétants sont survenus, notamment des informations selon lesquelles des éducatrices de garderies administreraient secrètement de la mélatonine à des enfants sans le consentement des parents. Ces cas mettent en évidence le manque de surveillance et le potentiel d’abus.

L’avenir de l’utilisation de la mélatonine

Les autorités tentent de sévir contre les importations non réglementées, mais les parents trouvent des moyens de contourner les contrôles aux frontières. Le désespoir des parents épuisés stimule la demande, et jusqu’à ce que des recherches plus approfondies clarifient les effets à long terme des bonbons gélifiés à la mélatonine, les risques resteront largement inconnus. Cette situation souligne la nécessité cruciale d’une meilleure réglementation et d’une meilleure sensibilisation du public avant que l’utilisation généralisée de la mélatonine chez les enfants ne devienne une crise sanitaire irréversible.