La NASA n’attend pas que les astronautes soient en route vers la Lune pour savoir si ses nouveaux systèmes de transport fonctionneront. L’agence renverse le scénario. Au lieu d’envoyer d’abord des vols d’essai sans équipage sur la surface lunaire, la NASA prévoit d’amener la gravité de la Lune jusqu’à la Terre.

Le plan est centré sur Artemis III, dont le lancement est prévu en 2027. Cette mission durera deux semaines. Son rôle n’est pas d’atterrir sur la Lune. Son rôle est de casser les choses. Ou du moins, testez-les jusqu’à ce qu’ils montrent leurs limites.

Trois vaisseaux spatiaux seront impliqués. Vous avez la capsule Orion. C’est le cheval de bataille éprouvé, construit par Lockheed Martin. Il reste en orbite autour de la Lune. Mais ce ne sera pas seul. Deux nouveaux atterrisseurs lunaires feront du stop. L’un vient de Blue Origin. L’autre de SpaceX. Ces véhicules n’ont jamais volé ensemble dans l’espace. Ils n’ont jamais opéré près de la Lune.

Alors, comment la NASA teste-t-elle quelque chose d’aussi complexe sans l’envoyer à 240 000 milles ?

Ils simulent le voyage. Orion et les deux atterrisseurs décolleront ensemble. Ils effectueront des manœuvres qui imitent le voyage vers le voisinage lunaire. Mais ils s’arrêteront bien avant la surface. Ils resteront dans l’espace cis-lunaire. Cette région est suffisamment éloignée pour que la physique commence à ressembler au domaine de la Lune, mais suffisamment proche pour qu’une mission de sauvetage soit encore théoriquement possible.

Pourquoi faire ça ? Car la mission Artemis IV, prévue pour 2028, sera le premier atterrissage en équipage sur la Lune depuis 1972. Cet atterrissage s’appuiera sur l’un de ces atterrisseurs. Si l’atterrisseur tombe en panne lors de la phase de vérification initiale, les astronautes à bord n’auront pas de plan de secours. Ils seront coincés en orbite avec un véhicule en panne.

Les tests en orbite terrestre sont moins chers. C’est plus sûr. Et il fournit des données importantes. Les ingénieurs peuvent observer comment les atterrisseurs s’amarrent à Orion. Ils peuvent vérifier les systèmes de survie. Ils peuvent voir si les modules de propulsion supportent les changements thermiques d’une mission de longue durée.

Ce n’est pas seulement une répétition générale. C’est un test de résistance.

Les deux atterrisseurs représentent une division dans la philosophie de l’ingénierie. Le véhicule de Blue Origin utilise une architecture de propulsion différente de celle de SpaceX. SpaceX vise une réutilisation rapide. Blue Origin vise un autre type de fiabilité. En pilotant les deux dans le cadre de la même mission, la NASA peut les comparer. Ils peuvent voir quel modèle résiste le mieux à la pression d’une descente lunaire simulée.

Est-ce la meilleure façon de procéder ? Certains critiques soutiennent que les tests devraient avoir lieu plus près de la Lune. Qu’on ne peut pas simuler l’environnement. Mais l’alternative consiste à envoyer un équipage sur la Lune avec du matériel non testé. Ce n’est pas une option.

La mission Artemis III durera deux semaines. C’est court. Mais c’est dense en activité. Chaque heure dans l’espace cis-lunaire sera remplie de chèques. Chaque système sera poussé.

Lors du lancement d’Artemis IV en 2028, ces deux atterrisseurs ne seront pas nouveaux. Ils seront prouvés. Ou alors, ce seront des échecs qui auront été identifiés et corrigés. Quoi qu’il en soit, les astronautes descendant à la surface auront plus de chances de revenir.

La Lune ne va nulle part. Mais la technologie qui nous y amène existe toujours