Pendant des décennies, l’étude des restes des anciens Égyptiens a été un processus délicat, souvent destructeur. Pour comprendre ce qui se trouvait sous les emballages en lin, les chercheurs ont souvent dû déranger ou déballer physiquement les corps, risquant ainsi l’intégrité des artefacts. Aujourd’hui, cette époque de conjectures touche à sa fin.

En appliquant une technologie d’imagerie de qualité hospitalière aux restes anciens, les scientifiques sont désormais capables de scruter l’intérieur des momies avec une clarté sans précédent, observant leurs structures internes sans perturber un seul fil du tissu ancien.

La puissance de l’imagerie non invasive

La pièce maîtresse de cette recherche est la tomodensitométrie (TDM). Bien que largement connue pour son rôle dans la médecine moderne, la technologie CT joue un rôle essentiel en archéologie. Il utilise des machines à rayons X rotatives et un traitement informatique avancé pour construire des images 2D ou 3D très détaillées de l’intérieur d’un objet.

Au Musée Semmelweis d’histoire médicale à Budapest, les chercheurs repoussent les limites de cette technologie. À l’aide d’un scanner de pointe équipé d’un détecteur à comptage de photons, une équipe dirigée par le radiologue Ibolyka Dudás mène des examens approfondis de la collection égyptienne du musée.

“Le but des examens est d’obtenir une image aussi précise que possible de la structure interne des restes, des éventuelles anomalies et des techniques de conservation utilisées”, explique Ibolyka Dudás.

Cette approche non destructive s’inscrit dans une tendance scientifique plus large. Des analyses similaires à haute résolution ont déjà été utilisées pour étudier tout, des cerveaux d’insectes délicats aux météorites martiennes, prouvant que les outils conçus pour les vivants comptent parmi nos meilleures fenêtres sur les morts.

Résoudre des mystères et identifier les tendances en matière de santé

Le projet actuel au musée Semmelweis vise à fournir plus de détails que n’importe quelle étude précédente sur ces vestiges spécifiques. Même si certaines momies de la collection ont été datées au carbone – certaines semblant remonter à entre 401 et 259 avant notre ère – les scans offrent un autre type de « datation » grâce à l’analyse des techniques d’embaumement.

Les résultats préliminaires donnent déjà des résultats surprenants :

  • Surprises d’anatomie : Un mystérieux paquet, que l’on pensait auparavant être soit un oiseau, soit une tête humaine, a été révélé par le scanner comme étant un pied humain.
  • Pathologies anciennes : L’analyse d’un autre pied momifié suggère que l’individu souffrait d’ostéoporose, ce qui donne un aperçu direct de la santé des os anciens.
  • Artéfacts cachés : Dans des études similaires à l’échelle mondiale, des tomodensitogrammes ont découvert des objets « cachés » cachés dans des emballages par d’anciens embaumeurs, tels que des pièces de monnaie et des amulettes de protection.

Pourquoi c’est important pour l’histoire

Ce saut technologique fait plus que simplement identifier des parties du corps ; il fournit un enregistrement biologique de la vie ancienne. En analysant les restes internes, les chercheurs peuvent suivre la propagation de maladies, telles que l’anémie chez les enfants ou l’arthrite chez les adultes, et même identifier d’anciens cancers.

La capacité de réaliser ces investigations de manière non invasive signifie que nous pouvons extraire un maximum de données de précieux spécimens historiques sans compromettre leur préservation physique pour les générations futures.


Conclusion
L’intégration de l’imagerie médicale avancée dans l’archéologie transforme notre compréhension de l’Antiquité. En transformant les tomodensitomètres en « machines à remonter le temps », les scientifiques peuvent reconstruire la santé, les rituels et la vie des civilisations anciennes tout en gardant leurs restes physiques parfaitement intacts.