Le Dr Suzanne Bell n’a pas besoin de réveil. Elle est debout à 5 heures précises. L’espace dans sa tête ? C’est là que se déroule le travail. Pendant deux heures, de 5 h 00 à 7 h 15, elle reste assise avec son café au lait du matin. Aucune interruption. Pas de réunions. Juste elle, le silence et une montagne de paperasse ou de longues lectures. C’est une terre sacrée.

Santé de l’équipage du Deep Space : la connexion Artemis

Son titre officiel ? Chercheur principal pour la recherche Artemis au laboratoire de santé et de performance comportementales du Johnson Space Center. Mais en réalité, elle étudie comment les humains réagissent lorsqu’ils se trouvent à des centaines de milliers de kilomètres de chez eux.

Artemis n’est pas seulement un retour sur la lune. C’est un saut dans l’inconnu. Pour la première fois depuis 50 ans, un équipage vole au-delà de l’orbite terrestre basse. Ils roulent à Orion, pas dans une navette. Et le travail de Bell consiste à s’assurer qu’ils restent sains d’esprit, en bonne santé et prêts à fonctionner lorsque le délai de communication s’étend sur des minutes, et non sur des secondes.

La collecte de données pour l’équipage d’Artemis II s’est terminée il y a un mois. C’était frénétique. Le Programme de Recherche sur les Humains avait besoin d’un briefing sur un délai très court. L’équipe de Bell a dû distiller des mesures comportementales complexes en conseils pratiques pour Artemis III. Ils ne se contentent plus de deviner. Ils utilisent des données réelles pour dicter la manière dont les habitats lunaires doivent être construits. Murs, éclairage, intimité : tout est désormais conçu autour de la psychologie humaine.

“Ce n’est pas sorcier”, dit Bell. Mais construire une base sur la Lune ? C’est-à-dire.

Alimenter le vide

A-t-elle déjeuné ? Pas vraiment. Elle a attrapé une salade alors qu’elle se rendait à une réunion. Il s’agit d’un régime spécifique, la « douzaine quotidienne ». Axé sur la longévité. Pas de farine. Pas de sucre sauf si c’est une fête. Bell sait que ce que vous mangez compte tout autant que ce que vous faites lorsque vous êtes dans le vide de l’espace. Le stress change votre biologie. Votre petit-déjeuner aide à l’atténuer.

Le défi ici est le changement de portée. Nous disposons de décennies de données sur la Station spatiale internationale. L’orbite terrestre basse est une quantité connue. La lune est différente. Mars est encore plus sombre. L’enthousiasme vient des nouvelles données. C’est compliqué, nouveau et tout à fait pertinent par rapport à la direction que prend la NASA. Nous ne nous contentons pas d’observer ; nous prévoyons une présence soutenue. Cela nécessite un type d’humain complètement différent.

Se déconnecter à cinq heures

Elle quitte le bureau vers 17 heures. Pointu. Pas de soirées tardives. Elle a un fils de 15 ans qui veut soulever des poids et un autre de 13 ans qui fait du sport. La soirée leur appartient. Escalade en salle, séances de gym, le chaos de la vie d’adolescent. Elle dort à 21h30. Des week-ends réparateurs ? C’est pour le samedi ou le dimanche. Vous ne pouvez pas fonctionner éternellement à vide.

Le travail est-il stressant ? Bien sûr. Mais il y a un rythme. Et pour Bell, ce rythme implique de savoir exactement quand s’arrêter.